Les films

Sortie de SADHU le 26 septembre prochain

Après trois ans de production, SADHU sort enfin en salle le 26 septembre prochain.

Suraj Baba est un sâdhu, un saint homme hindou. Il a renoncé aux biens terrestres en se retirant vivre dans une grotte à 3000 mètres au cœur de l’Himalaya. Après huit ans d’isolement et de méditations, il prend le risque de s’exposer à nouveau au monde. Pendant la Kumbha Mela qui réunit tous les 12 ans plus de 70 millions de pèlerins, Suraj décide de rejoindre les autres sâdhus, avant de confirmer ses vœux de renonçant par un pèlerinage de plusieurs mois. Au fil de son périple initiatique, le mysticisme indien est balayé par la sincérité de ce sage. Un sage qui ne veut plus l’être.

93MIN – Sortie en salles le 26 septembre 2012

LONG METRAGE DOCUMENTAIRE – 93MIN – septembre 2012 – SUISSE

Plus d’informations sur

Publicités

Les films de Gaël Métroz

SADHU

(HD, 93mn), TIPI’MAGES Productions, 2012

SORTIE EN SALLES LE 26 SEPTEMBRE 2012

http://www.sadhu-lefilm.com/

.

.

.

.

.

NOMAD’S LAND – sur les traces de Nicolas Bouvier

(35mm, 90 mn), TIPI’MAGES Productions, 2008

GOLDEN GATE AWARD, San Francisco International Film festival 2009

PRIX DU PUBLIC, Festival Planeta 2009, Mexico

PRIX DU MEILLEUR REALISATEUR, Festival of Qinghai, Chine)

www.nomadsland-lefilm.com

http://gaelmetroz.blogspot.com

.

.

.

KALASH – Les derniers infidèles du Pakistan

(HD, 52mn), TIPI’MAGES Productions, 2010

PRIX DU PUBLIC Rassegna Internazionale Cinema Archeologico 2011 (Italie)

http://gaelmetroz.blogspot.com

.

.

.

.

.

.

L’AFRIQUE DE RIMBAUD

52mn, Elytel, 2006


KALASH le 3 mai à 21h35 sur TSR2

Ce 3 mai 2010 sur TSR2 à 21h35.

Producteur TIPI’MAGES PRODUCTIONS
Co-Producteur Télévision Suisse Romande
Réalisation Gaël Métroz
Musique Julien Pouget
Montage Véronique Rotelli
HD 52′ et 43′
langue – kalasha
sous-titres – français, allemand, anglais

Dans une vallée reculée de la frontière pakistano-afghane, les 3’000 derniers païens Kalash vivent encerclés par la communauté musulmane et les réfugiés afghans. À l’annonce du solstice d’hiver, ils prient, chantent et dansent pour la renaissance des saisons et de leur culture. Parmi eux, la jeune Najiba se découvre femme et prend conscience des périls croissants qui menacent sa communauté. Ce printemps, les talibans ont passé les portes de son village. En quittant l’insouciance de l’enfance, Najiba est au tournant de l’histoire Kalash. Elle doit choisir entre se convertir à l’Islam, rejoindre la modernité ou permettre à sa tradition de perdurer. C’est avec le choix de sa génération que l’éternel retour des saisons sanctifiées par les Kalash peut s’arrêter.

« Le réalisateur Gaël Métroz a vécu une année dans l’Himalaya avec les chamanes du peuple Kalash. Au cœur du conflit taliban, il nous livre un éclairage d’une région interdite. Ce documentaire unique nous immerge dans le quotidien d’un peuple qui vit en parfaite osmose avec la nature. Mais depuis un siècle, les 300’000 Kalash ont été convertis pour n’être aujourd’hui que 3’000. À travers le regard d’une jeune adolescente, ce film nous rend attentifs à une réalité lointaine qui pourtant nous concerne plus que jamais. » (Tipi’Mages Productions)


LES KALASHS

Les musulmans les nomment « infidèles ». On les dit aussi descendants d’Alexandre le Grand, en raison de leurs yeux clairs et de leurs rites païens – mais « C’est des couilles ! », comme le confirmeront les plus raffinés des anthropologues. Conformément à leur tradition et aux plus récents travaux ethnologiques, les Kalashs appartiennent à une vague d’Ariens qui, deux mille ans avant notre ère, migrèrent (d’une région entre le Caucase et les montagnes perses du Zagros) vers les montagnes de l’Hindukush.

Dès le XIVème siècle ap. J-C., les mahométans firent tout pour les convertir, de gré ou de force. Décimés dans des bains de sang, contraint de quitter leur tradition suite à des pressions financières, ou simplement mariés avec des musulmans, les Kalashs on passés de 300’000 à 3’000 ces derniers siècles. Le vaste territoire du « Kafiristan » (étymologiquement « la terre des païens ») se nomme dès lors « Nuristan » (« terre des lumières… de l’Islam ») .

Aux abords des villages, comme dans leur district de Chitral et dans l’ensemble du Pakistan, personne ne saura vous dire quel est le nom de leur Dieu, quelle est leur culture, leurs tourments. De nos jours, les Pakistanais en parlent comme d’une tribu qui produit de l’alcool – interdit partout ailleurs – et dont les femmes sans voiles dansent le sourire aux lèvres. Les rares musulmans qui y sont allés photographient ces « dépravées » qui ne les ont même pas regardés, et se targuent devant leurs amis d’avoir jouis d’elles. Ces rares qui en reviennent parlent de discos, de bars et de danseuses nues, alors que, dans ces petits villages de montagnards, on danse uniquement entre amis, on se marie entre Kalashs, par choix, on travaille dur pour gagner un pain, et l’on n’a jamais entendu parler de disco. Les rares qui les ont vus reviennent donc déçus après une nuit où ils n’ont pas vu de bars ni de prostituées. Ils remportent leur première gueule de bois et aucune idée du rythme de vie kalash.

Najiba dans les pâturages Kalash, à la frontière de l'Afghanistan

Si le terme Kalash qualifie certes une ethnie, il détermine surtout de nos jours une religion puisque les vêtements et le quotidien des Kalashs sont directement liés à leur croyance : chants et offrandes pour le retour d’un printemps fécond, pour le retour du Dieu Balémaïn, pour que les morts soient remplacés par des naissances… Durant l’hiver, les fées nettoient les glaciers et punissent à coups d’avalanches quiconque les troublera. Chaque homme et être spirituel a pour devoir de s’employer à l’éternel retour de toute chose.

Voilà ce que nous apprendra Najiba, cette jeune Kalash de quinze ans qui découvre que, malgré les saisons qui se répètent et le cycle de leurs cultes, le cercle des âges risque d’être brisé, l’éternel retour de leurs chants rompu et l’avenir des derniers infidèles de l’Hindukush compromis.

Comme dans de nombreuses minorités de la planète, la culture kalash est entre les mains de la nouvelle génération qui, si elle perpétue certes les rites sacrés et porte encore le costume traditionnel, a dès lors le choix de résister. Les conversions ne se font certes plus dans le sang mais les pressions musulmanes n’en sont pas moins omniprésentes. Plus que les sermons engagés du professeur d’Islam et des mollahs, c’est surtout la modernité qui fait que l’on délaisse les coiffes traditionnelles pour des casquettes Nike.

Par romantisme, nous sommes tous touchés par ces minorités dont la tradition est sur le point de disparaître, et nous voudrions parfois les faire perdurer malgré elles – quitte à les maintenir dans des huttes sans électricité et en leur clamant qu’elles souffrent pour le bien de leur culture. Mais Najiba a le choix.


Un an chez les KALASHS

C’était il y a cinq ans. Je les avais rencontrés en fuyant les fusillades de Quetta, tout à l’ouest, en quittant juste l’Iran.

Quetta, ville de poussière, ville de rien. Une chambre dont je n’ose sortir.

Deux talibans enturbannés qui, devant la mosquée, m’avaient dit très galamment « Barre-toi ! ».

Alors j’avais essayé de me barrer. Quand j’ai eu le courage de sortir de ma chambre, j’ai sauté dans une jeep pour le bout du monde.

Le bout du bout du monde, c’était là cette fois.

Tout au nord-ouest,

à la frontière pakistano-afghane, frontière des zones tribales.

Là où cultive le bonheur comme d’autre l’opium.

Ils vivent tout au nord-ouest, ces Kalashs, à la frontière de l’Afghanistan et des zones tribales. La nuit où je suis arrivé chez eux, vermoulu par la route, les gamines dansaient en farandole autour du feu.

Cette nuit-là, j’ai compris que j’étais prêt à croire à nouveau aux fées.

Mais pas à celles des livres, et surtout pas à celles des livres qui nous expliquent ce qu’il faut croire…

…les livres qui nous apprennent à bien mourir…

Non, les Kalashs ont la folie de croire encore en cette vie.

Alors, depuis cinq ans, ils m’apprennent à vivre.


KALASH les derniers infidèles du Pakistan

Premiers tournages, 2005

Tournage de Kalash, 2009

Tournages 2006


Nomad's land – Sur les traces de Nicolas Bouvier