KHUMBA MELA – 60millions de pèlerins

« Plus grand rassemblement religieux au monde, la Kumbha Mela est un pèlerinage qui a lieu tous les douze ans dans la ville d’Haridwar, au pied de l’Himalaya. Elle attire des millions d’ascètes hindous et pèlerins. »

Plus un seul espace dans les rues où se pressent les pèlerins. Plus un seul mètre carré pour poser une tente, plus une seule place dans les tentes. Dans des chaudrons monstrueux, des tonnes de riz et de lentilles – encore des lentilles – cuisent nuit et jour pour nourrir les millions de fidèles qui font leurs ablutions dans le Gange. On s’immerge, prie, boit trois fois l’eau rédemptrice, y baigne un enfant qui acquiert ainsi déjà son salut, on y soutient un vieillard emporté par le courant.

Des milliers d’ermites couverts de cendre sont venus à poils de leur coin de montagne. Et des millions de pèlerins ont économisé des années pour venir ici leur baiser les pieds. Ils s’entassent dans les trains et dorment dehors à Haridwar, tant les prix ont décuplé durant la période sainte. Ils sont plus de 60 millions – dix fois la Suisse dans une seule ville – à se baigner dans le Gange. 60 millions c’est 6000 tonnes de riz et 60’000m3 d’excréments disséminés au hasard des besoins.

Un mois pour être accepté au cœur des Sâdhus. À rire bêtement, peser chaque geste, chaque parole alors qu’eux hurlent et pètent en brandissant leur trident. Jouons aux sauvages. Des incantations, des magiciens qui disent jeûner trois vies durant, léviter, disparaître. Tout ça pour échapper à cette existence de douleur et aux désirs.

Moi, je ne suis pas magicien si saint, mais je les rejoins seulement dans cette existence à trois sous. Car moi, je ne suis pas un saint, je ne suis pas Indien, et je n’ai pas de castes. Je n’ai pas honte de désirer, d’aimer le vin, les filles bien trop belles et les steaks de vache sacrée.

Je crois que j’ai 31 ans. J’ai mal aux dents. Et j’ai besoin d’aimer.

Moi je ne crois en rien. Et je suis bien ce soir dans mes côtes

crasseuses, dans le campement des barbus sacrés.

Je ne lis plus, je n’écris pas. Trop à vivre.

Je n’ai pas de castes

J’suis toujours moins de chair qui sent toujours plus la chair.

J’suis bien avec rien,

Mieux avec peu

Heureux.

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