Un an chez les KALASHS

C’était il y a cinq ans. Je les avais rencontrés en fuyant les fusillades de Quetta, tout à l’ouest, en quittant juste l’Iran.

Quetta, ville de poussière, ville de rien. Une chambre dont je n’ose sortir.

Deux talibans enturbannés qui, devant la mosquée, m’avaient dit très galamment « Barre-toi ! ».

Alors j’avais essayé de me barrer. Quand j’ai eu le courage de sortir de ma chambre, j’ai sauté dans une jeep pour le bout du monde.

Le bout du bout du monde, c’était là cette fois.

Tout au nord-ouest,

à la frontière pakistano-afghane, frontière des zones tribales.

Là où cultive le bonheur comme d’autre l’opium.

Ils vivent tout au nord-ouest, ces Kalashs, à la frontière de l’Afghanistan et des zones tribales. La nuit où je suis arrivé chez eux, vermoulu par la route, les gamines dansaient en farandole autour du feu.

Cette nuit-là, j’ai compris que j’étais prêt à croire à nouveau aux fées.

Mais pas à celles des livres, et surtout pas à celles des livres qui nous expliquent ce qu’il faut croire…

…les livres qui nous apprennent à bien mourir…

Non, les Kalashs ont la folie de croire encore en cette vie.

Alors, depuis cinq ans, ils m’apprennent à vivre.

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